Objet du séminaire

Melodi déménage à la rentrée 2009 pour rejoindre Hypotheses.org
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Séminaire Melodi – Médias et loisirs audiovisuels

Ces dernières années, le secteur audiovisuel s’est vu bouleversé par l’émergence des technologies, des réseaux et des services numériques qui remettent en cause, en amont, l’organisation du marché des industries culturelles et, en aval, la structuration des pratiques de consommation culturelle. La numérisation des contenus (texte, son, images fixe et animées) préside en effet à un ensemble de transformations en matière de pratiques culturelles. Elle a, d’une part, offert des conditions d’accès fortement accrues aux œuvres (multiplication des services de diffusion, développement du peer-to-peer, etc.) et multiplié les temps et les espaces d’exposition à ces dernières, notamment du fait de la prolifération des offres d’équipement et de service (ordinateurs, lecteurs, vodcast, VoD, pay-per-view, etc.). D’autre part, le numérique fournit de nouveaux moyens d’autoproduction, d’autodiffusion et de présentation de soi, là aussi via la mise à disposition par le marché et les utilisateurs-innovateurs de matériels et services variés (caméra numérique, téléphonie 3G/EDGE, logiciel de traitement de son et d’image, etc.) relayés par l’internet haut débit et les nouvelles plateformes de partage (MySpace, Dailymotion, Youtube, U-Like, etc.).

Aux écrans de télévision se sont par exemple ajoutés ceux des ordinateurs et des différents objets communicants (téléphone mobile, Pocket PC, etc.). Aujourd’hui largement présents dans les foyers, les espaces publics et la sphère professionnelle, interconnectables/opérables et massivement reliés à l’Internet, les outils communicants s’imposent comme de nouveaux vecteurs de nature à la fois culturelle et communicationnelle. Les usages qui en sont faits modifient sensiblement les relations aux contenus audiovisuels, la manière de les consommer et plus généralement l’écologie des pratiques culturelles et médiatiques des utilisateurs (besoins, attentes, goûts, etc.).

Le modèle télévisuel de diffusion broadcastée, basé sur une logique de flux imposée à des publics plus ou moins captifs, se voit ainsi travaillé par la convergence et augmenté d’une dimension plus interactive et moins linéaire où l’usager devient plus actif et plus exigeant. Prolongeant des évolutions initiées au début des années quatre-vingt par le magnétoscope, la VHS et la télécommande, les nouveaux appareillages de la consommation audivovisuelle tels que la vidéo à la demande (VoD), les enregistreurs vidéo numériques (e.g. TiVo), le DVD ou encore les WebTV libèrent un peu plus l’usager de la contrainte de la grille prédéfinie et l’affranchissent du même coup des horaires de diffusion. Sur Internet, les plateformes de partage vidéo (Youtube, Dailymotion, Kewego, etc.), le vodcast et les applications de TV interactive (Joost, Veoh, etc.) mettent à disposition des internautes nombre de programmes et contenus audiovisuels à télécharger ou à lire en streaming. Outre cette offre audiovisuelle de plus en plus pléthorique et la large diversification de ses voies d’accès, la combinaison des potentialités interactives et d’autoproduction permet aussi désormais l’émission de données vidéo amateurs dont sont symptomatiques les succès des vidéoblogs et autres « TV perso ».

Cette diversité renouvelée de terminaux, de contenus, de formats et d’opportunités de consommer contenus et services audiovisuels ne doit pas faire oublier que les pratiques quotidiennes de consommation média se construisent dans la durée, suivant des logiques que ne sont pas nécessairement celles de l’offre ou de la diffusion, et dans un agencement de pratiques anciennes et récentes. Au-delà du renouvellement des offres et des services, il apparaît nécessaire de voir ce qui, dans les modèles de revenu comme dans les pratiques quotidiennes, est destiné à perdurer et à modifier durablement la production, la distribution et la consommation des contenus et leur nature même.

Coordination

  • Fabien Granjon, Orange Labs – fabien.granjon (at) orange-ftgroup.com
  • Thomas Beauvisage, Orange Labs – thomas.beauvisage (at) orange-ftgroup.com



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